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[CR] Dark Dog Moto Tour 2013

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[CR] Dark Dog Moto Tour 2013

Message  Tripo le Mar 13 Oct 2015 - 16:44

Voici le CR datant de d'octobre/novembre 2013 qui était sur l'ancien R1150R Forum
Bonne lecture !


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Un petit clip souvenir :




Le Moto Tour, le fameux Dark Dog Moto Tour ou DDMT pour les intimes. Quelle mouche m'a bien piquée pour décider de m'inscrire à la 11ème édition d'une telle épreuve ? Quelle idée absurde pour le motard que je suis, un motard lambda qui certes roule environ 15000km par an, mais à un rythme plutôt paisible. Oui j'aime la moto, j'aime rouler et découvrir la France. Mais le sport Moto je n'y connais rien. La première fois que je roulerai sur circuit ce sera 1 mois avant le Moto Tour, la seconde fois pendant la course ! Mais le circuit ce n'est que 5km environ sur les plus de 3000km que représente le plus long rallye routier au monde ! 

Alors pourquoi ? 
Pour le mythe évidement. Comme le fut le Rallye Monte Carlo à une époque, le DDMT est en train de s'inscrire lui aussi au panthéon des épreuves de sport mécanique car c'est le plus long rallye routier au monde ! C'est grâce aux vidéos hilarantes de Moto Journal, qui ont contribué à le faire connaître, que je découvre en 2007 cette épreuve à part du championnat de France des Rallyes. C'est notamment la vidéo qui présente le groupe « Solo » qui éveillera mon envie. Le « Solo » c'est la possibilité offerte au motard sans équipe et sans assistance de participer en couchant dans la tente avec 40 (cette année) autres « Solos » . 
Pour le défi l'envie de me dépasser. A vrai dire je n'avais pas bien idée de ce que représentait un tel engagement. Mais conscient par les échos avisés de rallymens que c'était en quelque sorte une "connerie" de me lancer sur mon premier rallye en commençant par le plus dur de tous. Mais voilà il y a la raison première... le mythe, et un héritage paternel de rêveur, un peu idéaliste. Comme lui je n'ai pas peur de tenter de réaliser certains rêves un peu absurdes. 
Une troisième raison, pour prétexte s'il en est un, c'est la moto elle même. Ma moto. Le Rockster. C'est mon cheval depuis des années et 70 000km. En 2013 elle affiche 100 000km passés et du haut de ses 10ans je veux que nous vivions cette aventure hors norme ensemble. Certains trouveront bête de personnifier ainsi ce qui extérieurement n'est rien de plus qu'un véhicule... mais demandez à un cavalier si son canasson n'est qu'un animal qui court vite. La relation Motard – Moto est très singulière . Une moto ne se conduit pas, elle se pilote. Et la confiance avec la machine doit être importante pour ne pas fauter. Et le « Rock » a ma confiance... ce qui sera un atout précieux !

Alors nous y voilà. Tous deux devons nous préparer à l'inconnu en se renforçant, se protégeant tant que possible contre les chutes éventuelles... De février, moment de l'inscription, au 28 septembre, lancement du DDMT, il n'y a qu'un pas !

Samedi 28 septembre 2013 : Tout commence.

Pas de gros stress ce matin où les parents arrivent à Paris en voiture vers 9h. Ils ont une partie de mes pièces de rechange, et vers 9h45 la voiture est chargée. Mon ami motard Marco est là également pour accompagner papa sur la route car oui, c'est bien papa qui fera les 450km d'autoroute pour aller jusqu'à Saverne dans le Jura. Nous, Aurélie – maman et moi, serons dans la voiture. Je tenterai bien de dormir pour combler le retard de sommeil accumulé depuis deux semaines mais en vain... je ne suis pas stressé la journée mais la nuit oui !
Nous arrivons à Saverne, dans les Vosges, vers 15h. Pour la première fois depuis 11 ans qu'existe ce rallye le départ aura lieu dans la ville où est brassée la boisson énergétique, le Dark Dog, qui sponsorise cette épreuve. Saverne c'est assez mignon, avec un beau château qui donne un cadre idéal pour le départ. A notre arrivée la météo est paisible, mais l'agitation ambiante va très vite faire monter mon stress en flèche. Je commence par chercher les fameuses « tentes Solo » où s'alignent 2 fois 20 lits. Je suis accueilli par les responsables du campement, employés par l'organisateur pour nous encadrer tout au long du rallye. Ils seront nos « mamans » pendant une semaine. Une aide précieuse et à l'écoute. Je choisis stratégiquement ma place dans un coin où je serai un peu plus tranquille. J'y fais la connaissance d'un premier camarade de nuitée, et de route, Bernard. Il a la cinquantaine et s'est retrouvé engrainé dans le rallye par une connaissance et pas des moindres : un certain Denis Bouan, alors septuple champion du Moto Tour ! 

Puis direction les vérifications administratives pour valider mon dossier d'inscription. La moto attend devant l'assistance qui nous est offerte par la Mutuelle des Motards et les élèves de l'école de mécanique moto de Montpellier et ce afin de la faire inspecter avant la vrai vérification technique, celle de l'organisateur. D'après les élèves tout est ok sauf : l’éclairage de plaque arrière qui ne marche pas ! Et là ce petit détail, rédhibitoire aux vérifications techniques, va nous occuper plus de 2h ! Premier problème : trouver une ampoule. Papa va faire le tour du paddock pour en trouver une, Marco également. Quand enfin nous en trouvons une un faux contact empêche son bon fonctionnement. Une bidouille plus tard, œuvre d'un élève mécano, et voilà la moto prête à présenter le contrôle. Il est 19h, je fais la queue pour présenter la moto et la nuit commence à tomber sur Saverne. Plus qu'une moto devant moi et là le responsable des vérifications de s'exclamer : « On arrête les vérifications pour ce soir ! » Oh non ! Juste à mon tour ! Tant pis ce sera pour demain matin... ce qui laisse peu de temps pour se retourner s'il y a le moindre problème. 
Ce soir je reste avec mes nouveaux camarades, et commence par aller manger dans le château où un traiteur nous a préparé des gamelles. Pas de bol pour moi qui n'ai pas vraiment d’appétit ce soir : choucroute. Un des rares plats dont je ne raffole pas... j'y goûterai à peine. 
Puis direction la tente. Les lits sont bons mais il fait froid et je mettrai beaucoup de temps à trouver un sommeil léger. 

Dimanche 29 septembre : Le premier jour de mon premier rallye.

Le dimanche matin il ne faut donc pas traîner. Je présente la moto aux vérifs vers 9h et, fort heureusement, elle passe sans difficulté l'épreuve. La voici donc admise dans le Parc Fermé où les motos jugées aptes sont regroupées et où, une fois déposées, les pilotes n'ont plus le droit d'accès.
Vers 11h30 les pilotes en combinaison sortent les motos affublées de leurs numéros de course pour une parade dans les rues de Saverne. C'est à ce moment précis que je réalise enfin où je me trouve... cette parade n'a rien d'une manifestation de motards en colère ou d'une sortie de Grand Prix … non non. Les motos qui m'entourent sont toutes là pour en découdre et la traversée de la ville se fait sous les clameurs du public, et dans un calme relatif des pilotes. Peut-être certains comme moi se demandent un peu ce qu'ils font là. Mais cet instant est unique. Magique. Ça y est j'y suis vraiment !

Vers 12h30 les premiers partent pour la première liaison. Un point sur le jargon du rallye qui est une découverte pour moi :
Une liaison c'est partir d'un point A pour rejoindre un point B avec une moyenne imposée. Les pilotes partent toutes les 30secondes et doivent donc pointer au Contrôle Horaire (CH) suivant à l'heure exacte, à 30secondes près, que l'organisateur a estimé. Pour naviguer lors des liaison on utilise un roadbook, sorte de GPS papier du siècle dernier, que l'on déroule au fur et à mesure des kilomètres. Il faut le comparer perpétuellement avec un compteur le plus précis possible (dans mon cas la solution du pauvre : un simple compteur de vélo). Dans tous les cas on lâche son guidon et quitte la route des yeux en permanence !
Les Spéciales sont des portions de route fermées à la circulation. Elles font généralement autour de 3km ce qui est peu sur le papier mais peut se révéler long dans la pratique ! Car évidement la route tournicote un maximum, avec des virages à l'aveugle en pagaille, des bosses, etc. Et comme le but est de faire le meilleur temps possible la concentration doit être à son paroxysme pour ne pas fauter.

Ma première liaison, où je découvre les joies du roadbook, je la fais un peu en suivant la moto qui vient de me doubler. Elle est courte, une trentaine de kilomètres seulement, mais c'est déjà l'hécatombe. Après à peine plus d'un kilomètre les pompiers sont là, une moto pliée en deux sur le trottoir : Olivier Four, prétendant au titre, abandonne après avoir percuté une voiture. Puis à 10 minutes de la spéciale c'est un autre pilote qui se fait transférer à l’hôpital de Strasbourg. Le ton est donné.

Ma première spéciale je l'attendais avec impatience, et au pied de l'épreuve il en faut souvent de la patience! Car comme les pilotes font la queue pour prendre le départ, la moindre chute de l'un d'entre eux provoque un arrêt des départs et retarde tout le monde. Et des gamelles il y en a, tout particulièrement dans ces épreuves rapides. Pour cette première, le Nideck , je jouerai évidement la prudence. D'autant plus que nous la passerons deux fois, le premier passage servant donc de repérage. Cela dit je me place quand même autour de la 130ème place sur 195, ce qui déterminera mon heure de départ du lendemain.

De retour à Saverne je vais manger avec les miens, qui ont assisté à la spéciale mais ont également passé beaucoup de temps à préparer mes rouleaux de roadbook pour la semaine ! Et notamment celui du lendemain, le plus gros de tous, l'étape marathon de 778 km entre Saverne et Thonon les Bains ! Jamais le Moto Tour n'aura proposé une si longue liaison, le tout agrémenté de 3 spéciales ! L'innocent que je suis ne sais pas encore ce qui l'attend.

Lundi 30 septembre : La journée extrême.

Pour cette première vraie étape les organisateurs nous ont gâtés. Cette journée Marathon porte bien son nom puisqu'il s'agit de la plus longue liaison jamais proposée sur le Moto Tour. Ça se résume par : 778km de liaison jusqu'à Thonon les Bains, 2 spéciales, une base chrono (portion de route de distance inconnue où il faut tenir une moyenne de vitesse donnée). En bref pour parcourir une telle distance il faut se lever tôt ! On parle bien ici de petites routes, pour ne pas dire des chemins.

Le réveil dans la tente solo a donc retenti à 2h30 ce matin là. Vu l'heure à laquelle j'ai réussi à m'endormir la veille, probablement vers 23h, ça fait peu de sommeil. Mais étrangement l’excitation ambiante a rendu ce levé matinal plutôt facile. Monsieur Propre, surnom de Denis Bouan, prendra le départ à 3h du matin. Pour ma part mon classement de la veille me fait partir à 4h05 et 30secondes. Comme le règlement le stipule je vais donc chercher la moto au parc fermé 15 minutes avant cette heure et fais sagement la queue en attendant mon tour. La moto qui me précède, le n°235, est immatriculé 45. Tiens ça alors , un orléanais ! La lampe de vélo scotchée au casque et éclairant mon roadbook, je me lance donc en gardant en vue la Suzuki Sv qui m'ouvre la route. Ce moment est particulièrement magique, la météo exceptionnellement douce et le ciel parfaitement dégagé laisse voir les étoiles. Rapidement nous nous retrouvons dans la forêt Vosgienne, plein phare et projecteurs additionnels allumés. Sous le casque je suis presque euphorique tant ce moment est surréaliste !
Mais le plaisir sera de courte durée. Vers 5h du matin nous grimpons un premier col et là le tableau se voile car les montagnes sont noyées dans le brouillard à couper au couteau. La visibilité devient quasi nulle, et je vois plus ou moins à 5 mètres devant moi. Le brouillard est d'autant plus pénible en moto qu'il oblige à essuyer la visière du casque sans arrêt. Après quelques kilomètres avalés seul je vois une boule de lumière apparaître dans mon rétroviseur. Cette lueur grossit petit à petit, et je décide de me ranger afin de la laisser passer. Et là stupeur : un side-car (car oui il y a aussi des sides-car de compétition au Moto Tour) me double, rampe de phares surpuissants allumés, suivi par une bonne vingtaine de motos ! J’emboîte donc le pas de ce joyeux cortège qui roule à un rythme effréné dans les épingles qui s’enchaînent. A ce moment là je fixe le point rouge du phare de la moto qui me précède, seul point de repère dans la nuit. La vitesse, sur cette route piégeuse et humide, est tout simplement impensable et cela pendant 2 heures non-stop. Un autre Side finira cependant quand même par nous rattraper et je me ferai une joie de le laisser se glisser, non sans mal tant la route est étroite, devant moi afin de profiter de son éclairage.
Vers 7 heures nous arrivons en bas des cols, il fait encore nuit et je m’arrête pour faire le plein et recoller ma lampe qui n'a pas tenu le choc de l'humidité et des secousses. Au moment de repartir, combinaison de cuir et gants déjà bien humides, j'hésite à enfiler la combinaison pluie. Un autochtone m'indique alors que dans ma direction la météo s'améliore, je lui fais confiance et reprend la route. S'en suit de nombreux kilomètres à prendre des seaux de flotte dans la trombine. Vers 9h30 je m'arrête finalement pour enfiler la combi-pluie : un peu tard certes, mais vu qu'il va pleuvoir toute la journée, j'ai quand même bien fait ! Je suis alors rejoint par le n°315, une vieille Honda CBR des années 90, et nous voilà à l’orée de notre premier jardinage. Ce terme désigne le fait d'emprunter la mauvaise route : en gros de se perdre. Notre petite sortie d'itinéraire va nous mener sur un chemin de caillou avec des flaques profondes de plusieurs dizaines de centimètres qui vont repeindre ma moto de boue. Après ce petit « off-road » on réalise que l'on est bien seul. On tente notre chance sur une route quand d'un coup mon compagnon glisse de la roue arrière. Il va heureusement se frotter au bitume trempé sur quelques mètres seulement, la moto elle disparaît en contre-bas dans les fils barbelés. Je laisse la moto en warning au bord de la route et saute dans le fossé aider mon comparse. Le carénage a bien protégé la moto mais il est bien endommagé. On sort la moto du champ d'herbe glissante. Après une inspection et du scotch américain sur les plastiques éclatés, on reprend la route. Plus de peur que de mal.
Je vais ensuite commettre LA grosse erreur de débutant en rallye que je suis. Alors que je suis dans les temps pour pointer à l'heure au prochain CH, j'approche dangereusement de la réserve d'essence. Je demande donc à des gens dans un village où se trouve la pompe la plus proche et ces derniers m'indiquent 12 km derrière moi, dans un village que j'ai traversé 15mn auparavant ! Comme ils ne sont pas sûrs qu'il y en ai une d'ouverte plus loin je fais le choix de rebrousser chemin. Sur cette opération je vais perdre 30mn, impossible à rattraper et pour lesquels je vais écoper d'une grosse pénalité.
Le plein fait je reprends la route et finis par arriver au CH suivant qui s’enchaîne par une Base Chrono. On arrive à un point de passage avec pour ordre de tenir 50km de moyenne et sans savoir quand se termine cette « spéciale » d'un autre genre. Ça semble simple, pourtant la route en question, qui ne devait pas faire plus de 3km, était en réalité un chemin de forêt. Au programme sous la pluie : des cailloux, de la boue, des bosses et le tout en s’orientant à l'aide du roadbook ! C'était assez amusant, mais vraiment pas évident.
A ce moment là il est 12h30 et je reprends la route sans avoir eu le temps de boire ou manger... Vers 16h j'arrive sur la spéciale de l'Observatoire pour un premier passage. Là, en haut du col, la route est sèche et je prends pas mal de plaisir sur cette route magnifique où l'on traverse les pâturages de mouton. En sortant de là se pose pour moi de nouveau le problème du ravitaillement. Je m’arrête demander à un passant où se trouve la pompe la plus proche et il m'indique de partir en direction d’Annemasse. Cela me fait de nouveau faire un grand détour, j'hésite terriblement. Au moment où je me résigne à faire cet écart j'ai la surprise de croiser la voiture des parents qui ont décidé de me faire la surprise d'être à Thonon ce soir ! Pas le temps de m'arrêter leur parler, mais le cœur réchauffé, je fonce faire le plein où je retrouve d'ailleurs Bernard (le solo quinquagénaire dans la même situation de galère que moi), puis reprends le roadbook direction Thonon. La liaison fait quand même 70km, et après une pause de 30 minutes, il faut y retourner à travers la montagne d'Hirmentaz. Le second passage de la spéciale se fera dans la pénombre et sous la pluie, tous phares allumés . Là ça commence sérieusement à ressembler à de la survie à moto. Je prendrai quand même un grand plaisir à avaler les dernières bornes, à travers les cols de nuit, pour arriver à Thonon vers 21h avec … beaucoup de retard. Ce soir-là pas d'assistance, les pilotes doivent eux mêmes faire le nécessaire sur leurs motos. Pour moi ça se résumera à faire le plein, gracieusement offert par la Team Armée de Terre aux retardataires que nous sommes avec Bernard. Nous ne sommes pas les derniers à pointer... mais pas loin. Par contre on sera dans les derniers solos à se doucher, à aller manger, et finalement à se coucher. 
Au fond de mon duvet j'ai l'impression d'avoir vécu plusieurs journées en une. Entre le matin calme, la traversée des premiers cols sans visibilité, les routes glissantes, les gravillons des chemins, les pâturages, la météo dantesque, etc... la diversité aura été exceptionnelle et ne pas tomber un exploit. Il y aura d'ailleurs de nombreux abandons à l'issue de cette journée. 
Chez les solos le réveil sonnera tôt le lendemain car mardi sera une grosse journée, plus clémente heureusement.

Mardi 1er octobre : « Jamais plus vite qu'à fond »

L'étape de ce troisième jour est de nouveau un sacré morceau : Thonon – Langeac , soit 587km de petites routes, le tout agrémenté de 3 spéciales. Vers 5h30 ça commence à s'agiter dans la tente. Pour ma part les pénalités n'étant comptées que le sur-lendemain, je partirai assez tôt : vers 7h. La première spéciale ne se situe qu'à quelques dizaines de kilomètres de Thonon, dans la montée d'un col sur une route ombragée. Il y faisait donc assez sombre et surtout très humide. De nombreux concurrents vont en faire les frais et c'est avec prudence que je me lance dans cette spéciale. Mais après quelques virages je trouve le grip de la route pas si mauvais et prends confiance. Cette spéciale, que j'ai d'ailleurs filmée, sera mon plus beau classement scratch du Moto Tour avec une belle 93ème place !
La récompense se trouve quelques bornes plus loin, en haut du col, où la route qui le surplombe est magnifique. Nous roulons, soleil levant à l'horizon, sur un tapis de nuage. C'est absolument magnifique et annonciateur d'une belle journée.
Au premier ravitaillement, 70km plus loin environ, je retrouve Ludo n°34 et sa Triumph Speed Triple, qui loge dans ma tente. On décide de faire la route ensemble, lui étant à son deuxième moto tour et assez familier de l'orientation, je vais donc le suivre et corriger les éventuelles erreurs ou doutes de navigation (car oui, ça arrive souvent!). Au point de ravitaillement suivant, en sortie d'un village, nous nous perdons de vue. Au moment de repartir de la pompe ma béquille latérale, que j'avais oublié de remonter, racle par terre. Tiens étrange !? Normalement la moto cale automatiquement au passage de la première si la béquille est sortie. Sur le coup je me dit que le capteur a du déconner et je poursuis ma route. Pourtant 30 minutes plus tard je vais m’apercevoir que c'est en réalité mon tableau de bord qui n'affiche plus rien. Je m'arrête donc remplacer le fusible qui vient de sauter. Là Ludo arrive et on continue la route ensemble jusqu'à tomber, 50 km plus loin, sur le team Armée de Terre au complet, soit 6 motos, plus Alain et sa GS-LC. Alain c'est LA grande gueule de la tente solo n°2. Et au milieu de la 1ère Brigade Logistique il est comme un poisson dans l'eau !
S'en suit l'arsouille la plus mémorable de ma vie de motard. En fait j'ai vraiment découvert ce que veux dire "Arsouiller" ce jour là. Pas juste une balade énergique entre potes, non non … je parle là de rouler tel la horde sauvage dans Mad Max, de débouler comme des furies dans les cols, d'ouvrir en grand au moindre bout de droit qui se dessine devant nous. Je ne donnerai pas de chiffre mais largement de quoi perdre son permis (ce qui arrivera d'ailleurs à un motard, et de nombreux points vont se perdre également ce jour là). Le rockster fera preuve de sa bonne santé malgré ses 10ans et presque 110.000 km compteur. Dans les relances d'épingle le gros flat twin bien coupleux est à la fête. Je déhanche tant que je peux mais malgré cela je finis par planter la protection du cylindre gauche dans une courbe. Le motard qui me suivait alors racontera avoir vu ma roue arrière décoller du sol ! Le moins que l'on puisse dire c'est qu'au guidon ça surprend ! Heureusement la moto ne s'est pas couchée et j'ai, sur un coup de guidon sec, relevé la moto sans m'envoyer au tas. L'arsouille prendra fin quand, peu après, le FZ8 du motard qui me précède glisse de l'avant à l'entrée d'une énième épingle. Sans gravité ni pour le pilote, ni pour la moto, mais nous reprenons la route un poil (mais alors juste un poil) moins excités. Alors que les bidasses ont pris le large, la chasse au chrono reste engagée et nous voulons, avec Ludo, être certains de pointer à l'heure. Les bornes suivantes, sur des chemins de montagne, seront avalées à tombeau ouvert. Les gravillons survolés en serrant les fesses. Nous ne le saurons qu'à la fin de la journée, mais ce Thonon – Langeac est certainement la plus grosse hécatombe de gamelles du DDMT. Rien que dans ma tente de 12 solos on dénombre un fossé (moto 3 mètres en contre-bas qui repartira), et 3 « tout droit » dans les champs avec motos recouvertes d'herbe.
Pour la dernière portion d'itinéraire c'est un peu la débâcle et les motos se croisent dans tous les sens. Nous finissons par suivre un des militaires qui s'est détaché de son groupe et nous ouvre la route. Là le rythme devient tellement démentiel que je préfère lâcher mon roadbook des yeux pour me concentrer sur les virages sans visibilité qui nous sautent littéralement à la face !
Verdict ? 40Mn d'avance au pointage de 16h... de quoi prendre le temps (quel luxe!) de grignoter enfin quelque chose, avant d'affronter la spéciale de la Vialle d'Estours près du Puy-En-Velay. On y fera deux passages avant de s'installer vers 19h30 à Langeac pour la nuit.
Le bilan de cette journée se résume à des mains tétanisées en position « Playmobil » et des ampoules dans celle de droite ! Les glissades de l'avant, de l'arrière ou des deux en même temps je ne les compte même pas ! J'en aurai connu plus dans cette seule journée qu'en 7 années de moto. Sauvage je vous dis.

Mercredi 2 octobre : Petite liaison, mais chaude journée !

Cette journée s'annonçait presque comme une journée de balade comparée à ce qui avait précédé. Non seulement la liaison ne fait « que » 415km, Il y a bien 3 spéciales mais là première est peu après le départ et la seconde, à faire deux fois, ne se situe qu'à une vingtaine de kilomètres de Boulazac, la ville d'arrivée de ce soir. Ajoutez à cela une météo favorable et tout est réuni pour partir serein, vers 7h45 (tard!!!) et arriver enfin tôt ( vers 18h!!) et donc profiter un peu de la soirée événement annoncée pour ce soir. En effet Boulazac a vu les choses en grand et comme le campement s'installe derrière le Le Palio, la salle de spectacle locale, il est prévu un show de freestyle Motocross. Alors en route pour une journée presque idyllique...
Pour voyager aujourd'hui je m'entoure d'abord d'Aurélien avec qui j'ai déjà un peu roulé la veille. Il est débutant en rallye comme moi et on adopte le même rythme que je qualifierai de soutenu mais pas déraisonnablement. Nous arrivons à la première spéciale du jour et après une longue attente dû à des gadins à répétition, on passe enfin. S'ouvre à nous les quelques 350 km, une paille, à travers la France profonde. 
Tout se passe sans accrocs jusqu'à la fin de la deuxième spéciale du jour. Car à l'arrivée au pointage de fin de course je réalise que mon tableau de bord a de nouveau disjoncté. Je prends donc quelques secondes pour remplacer le fusible et reprends la route jusqu'à Boulazac. Comme on arrivera tôt ce soir j'irai voir l'assistance pour que les mécanos trouvent ce qui cloche. On repart 30 minutes plus tard refaire la spéciale mais à peine partis voilà que le maudit fusible saute à nouveau. Cela devient problématique et je le remplace par un plus gros pour pouvoir finir ma journée. Il me reste 40km à faire, ça devrait tenir !
De retour à Boulazac avec un peu d'avance pour le pointage final nous sommes détendus dans la file d'attente. Dans 2 minutes c'est à mon tour de pointer quand tout à coup le motard derrière moi s'écrit : « 101 ta moto prend feu !!!!! » 
Je coupe le contact, saute du Rockster et voit de la fumée s'échapper sous la selle ! Je la retire, ouvre la boite a fusibles et un large nuage noir me saute à la figure. Mais que se passe t-il ?? Pas le temps d'enquêter que les voix s'élèvent autour de moi : « Pousse la moto !! Passe le CH !!! ». Je m'exécute et arrête la moto 3 mètres plus loin... fumante.
J'inspecte alors et le spectacle auquel j'assiste est désolant. Le phare arrière, un adaptable à led, semble avoir provoqué un court circuit et les fils ne sont pas en bel état. Mais le plus dramatique se trouve sous la boite à fusibles. Sous les relais j’aperçois en effet la nappe de fils multicolores soudés les un aux autres !! Les bras m'en tombent … je suis dépité. Alain, en GS, passe alors et me dit de contacter le garage BMW Motorrad tout proche selon ses dires. Au téléphone on me passe le chef d'atelier. J'explique l'urgence de mon cas et on me répond que par manque de personnel on ne peut simplement rien faire pour moi ! Au mieux venir chercher le cadavre de moto que je me traîne demain matin... et encore c'est un peu compliqué. Je vois le mot « FIN » apparaître comme dans un générique et l'annonce aux responsables du pointage et à la famille par téléphone. 10 minutes passent et je me dis que non ! Non ça ne doit pas finir ainsi sans tenter le tout pour le tout. Et c'est sans grand espoir que je rassemble la force qu'il me reste pour pousser la moto sur un bon kilomètre, jusqu'à l'assistance. Exténué, je dépose la moto chez les électriciens d'Hella, dont j'ignorais même la présence sur le rallye. Je leur explique le problème et sans perdre une seule seconde les voilà en train de démonter l'arrière de la moto. Je suis alors complètement déboussolé et un coup de téléphone de Samia d'Arcueil Motor, qui appelle pour prendre de mes nouvelles, va me remettre un peu d'aplomb. En théorie j'ai 1h30 d'assistance avant de devoir remettre la moto en parc fermé pour la nuit. Alain me souffle que d'après le règlement il est possible de demander, à titre exceptionnel, de la rentrer plus tard sans se voir éliminé du rallye. Il est 19h15 et je cours donc vers le parc, il ne me reste plus que 15minutes et la moto ressemble encore à un plat de spaghettis trop cuits ! Je demande une dérogation et après 10 minutes de négociations avec le PC Course on finit par me l'accorder.
De retour auprès des électriciens, ils finissent de mettre a nu le faisceau arrière complètement fondu. Puis entreprennent de remplacer les fils endommagés. Vers 21h j'accuse donc déjà deux heures de retard. Le faisceau est reconstruit mais toujours aucune certitude de l'étendue réelle des dégâts. On fait les premiers essais pour remettre le contact et la pompe à essence, qui normalement se déclenche aussitôt, reste muette. Après remplacement des fusibles grillés, 4 au total (!!), la moto reprend vie. J'ai presque envie de pleurer tant je n'y croyais pas. Chapeau aux deux électriciens, imperturbables et au sang froid à toute épreuve. A 21h30 j'amène donc la moto au parc, bataille encore un bon quart d'heure pour trouver quelqu'un habilité à me l'ouvrir et ça y est : le Rockster rejoint ses petites camarades. Il me reste à manger, me laver, passer les coups de téléphone rassurants aux proches, avant de me coucher.
Vous l'aurez compris cette journée aura été, émotivement parlant, la plus forte de ce Moto Tour pour moi. Mais je vais dormir apaisé. Durant tout le reste du rallye le staff du DDMT me demandera régulièrement si la BM va bien. Oui elle va bien et, ce soir là plus que tout autre, elle se voit à Toulon !


Jeudi 3 octobre : Avis de tempête.

Alors que le départ vers Alès est l'un des plus tardif ce matin là, le réveil n'en sera pas moins matinal. Car si nous autres motards allons couper à travers le Cantal et l'Aubrac, notre caravane elle doit prendre les grands axes. Il leur faut donc partir tôt pour tout ranger. On attendra donc devant le parc fermé pendant presque deux heures à voir partir les concurrents, dont le premier d'entre tous : Denis Bouan.
Arrivé à la première spéciale nous allons une nouvelle fois patienter longtemps. De nombreuses chutes ralentissent le rythme de passage, surtout quand l'ambulance est appelée ! Car le règlement FFM est clair : il doit en permanence y avoir deux ambulances présentes pour que les départs soient donnés. Donc dès que l'une d'entre elle est mobilisée, il faut attendre qu'elle soit remplacée. On prendra donc le départ avec plus ou moins une heure de retard … ce qui aura des conséquences importante pour tout le reste de la journée.
En effet, si les premiers pilotes à partir on eu du temps sec sur la spéciale et la route qui suivait (magnifique certainement), les suivants dont je faisais partie ont profité pleinement de l'avis de tempête ! Sur les hauteurs de l'Aubrac je roule avec François, n°67 sur sa Monster 900, et Yann, l'Orléanais avec qui j'avais pris le départ de nuit lundi matin. Et une fois n'est pas coutume la météo disait vrai. La journée a été particulièrement humide et venteuse. Sur les plateaux le vent nous faisait faire d'importants écarts sur la route. C'est sur cette étape que la fatigue physique a réellement commencé à se faire sentir, et particulièrement dans le cou mal mené par les bourrasques. Les derniers kilomètres à l'approche d'Alès, nous font emprunter la N106 sur 34 bornes, un record de linéarité unique pendant le rallye ! La route, elle, n'est pas droite et comme nous sommes en retard on roule assez fort. Je ne suis déjà d'ordinaire pas très téméraire sur le mouillé, mais là je serre carrément les fesses quand mon pneu arrière n'a de cesse que de vouloir passer devant ! Yann en témoignera : « bon sang comme tu chassais sur la nationale!! ». A n'en pas douter c'est là encore un grand souvenir de moto.
Nous arriverons malgré tout en retard de 10 minutes au pointage, et largement après que la nuit soit tombée. La seconde spéciale, sur la Piste Rallye du Pôle Mécanique d'Alès sera donc annulée pour une bonne partie des pilotes. Quand je pense qu'en plus, ce soir là, les organisateurs avaient prévu une spéciale de nuit sur le circuit...
Un petit passage chez les mécanos pour inspecter la moto, on mange et au lit !


Vendredi 4 octobre : le calme après la tempête.

Cette fin de Rallye s'annonce plutôt clémente. D'abord parce que la météo joue enfin en notre faveurs, ensuite de part la densité des journées qui va en s'amenuisant.

Alès est devenu l’immanquable rendez-vous piste du DDMT depuis quelques éditions déjà. Et cela fait le bonheur d'un homme qui joue ici à domicile, toujours le même, Denis Bouan. Il s'élance donc en première série et fait étale de sa maîtrise en quelques virages, et distance de plusieurs secondes les malheureux qui péniblement le suivent. C'est bluffant de le voir quasiment toucher le coude dans les courbes. La 4eme série de 30 motards sera la mienne, et je vais même partir, selon le classement général, en seconde ligne. Bon entendons nous bien le circuit ce n'est évidement pas mon fort, ni celui de mon fier Rockster ! J'avoue que la peur de toucher de nouveau le flat dans les courbes vallonnées du circuit d'Alès ne me faisaient pas rêver. Je suis donc parti à la découverte du circuit relax, sans forcer, pour boucler mes 4 tours sans tomber et en prenant tout de même du plaisir. Au deuxième virage le gros de la meute était déjà passé devant et je n'ai même pas cherché à m'accrocher.

Cette épisode passé, ce sont 8 petits kilomètres qui nous séparent de LA nouveauté de ce Moto Tour : La première spéciale sur terre ! Enfin sur terre... façon de parler. En fait il s'agit d'une ancienne carrière donc c'est de la roche que l'on y trouve, sous forme de cailloux pouvant atteindre la taille d'une balle de tennis. Bref ça promet d'être un joli rodéo où les gamelles seront nombreuses. Sur cette spéciale je me suis régalé. Alors certes je ne fait que le 139 temps, mais ça m'a drôlement donné envie de faire de la moto tout terrain.

A la sortie de la spéciale on empreinte un charmant petit chemin sur quelques bornes, histoire de se remettre de nos émotions (nouvelles!). Puis c'est parti pour environ 380 autres de liaison. La pause CH aura lieu à Malaucène, vers 13H. Là j'ai la surprise d'avoir un fan club qui m'attendait en la personne d'Hubert et Catherine, des amis qui habitent tout proche et ont eu la curiosité de venir voir ce drôle de cortège. A peine 30 minutes je reprends la route à l’assaut du Mont Ventoux. Le fameux Mont Ventoux dont tant de motards parlent avec les yeux qui brillent. Je ne l'avais jamais fait et ce n'est pas l'épaix brouillard qui va m’empêcher de le grimper sans jamais regarder mon compteur. François et Aurélien qui sont parti devant moi roulent encore plus fort et disparaissent peu a peu de ma vue. Mais quel pied !

Quelques heures plus tard ça y est nous y sommes : Toulon . C'est presque déjà une victoire d'être là que nous fêterons, les solos, sous la tente de l'Assistance Mutuelle des Motards, en compagnie de tous les jeunes apprentis mécano. On relâche enfin un peu la pression, enfin pas celle de la bière !

Allé zou au lit. Demain c'est 460km et 3 spéciales...

Samedi 5 octobre : Le début de la fin.


Samedi matin, après une nuit ou la tente était secouée par un violant vent marin, les pilotes se réveillent tôt. Le départ de la première liaison , longue d'environ 70 km, se fait depuis les plages du Mourillon. La route commence par une traversée (difficile d'y couper...) de Toulon et de ses environs, pas franchement des plus agréables. Nous gagnons rapidement l'arrière pays plus sympathique lui. Mais prudence, la pluie de la nuit a rendu les petites routes aux abords de la spéciale particulièrement glissantes. Dans la semi-détente qui règne certains vont goûter aux gravillons. Le petit groupe avec lequel je roule prend son temps. Nous nous feront d'ailleurs doubler par un supermotard : du grand art, tout en glisse de la roue arrière. 
Cela devient classique mais il nous faut patienter avant de prendre le départ de la spéciale. Les commissaires de courses font régulièrement des passages dans les files d'attente pour discuter un peu avec les pilotes et donner quelques infos sur le tracé. Quelques pièges dans celle-ci, mais la grosse info concerne surtout la spéciale suivante, de Pourrières, située seulement une dizaine de bornes plus loin. Elle vient en effet d'être suspendue pour cause de gazole sur la route. Cette tâche s'est répandue sous l'effet de la pluie. Malgré leurs efforts les bénévoles de l'organisation qui veillent à préparer la voie n'ont pas pu en venir à bout dans les temps.
On va donc traverser cette spéciale en rythme normal (normal façon Moto Tour, donc en arsouillant gentiment) sans chronométrage. Juste de quoi repérer un peu le tracé et se rendre compte à quel point il est technique : route de côte positive, aucunes lignes droites sur 3km, que des virages aveugles car la route est encaissée entre des falaises. C'est donc très physique car on passe son temps à ouvrir en grand les gaz, puis freiner à fond. Et là j'avoue que la semaine me pèse vraiment dans les avant bras, et coucher violemment le Rockster dans les courbes devient de plus en plus éprouvant. 
On rentre donc à Toulon, par la même route que la veille. Au pointage de temps on nous annonce carrément que la deuxième boucle (identique) que nous devions faire cet après midi est finalement annulée ! En effet cette liaison ayant pour unique but que de refaire la spéciale de Pourrières, définitivement impraticable selon les responsables, elle devenait inutile. A ce moment là je suis un peu déçu de ne pas pouvoir la faire en mode « sportif », mais surtout heureux de ne pas refaire pour la troisième fois le tour de Toulon ! D'autant plus que la famille est toute proche et que nous allons profiter du beau temps sur le port de Toulon. Le soir ce sera hôtel, et couché tôt car la fatigue, c'est maintenant officiel, est belle est bien là ! Et puis il s'agit de faire honneur à la mythique spéciale de clôture du DDMT : Le Mont-Faron, sur les hauteurs de Toulon.


Dimanche 6 octobre : Se hisser tout là haut !

Je sors la moto du parc fermé vers 9h, roadbook de 37km enroulé : ça y est, on touche enfin au but ultime. Je fais la route avec François jusqu'au pied du Mont-Faron. La falaise abrupte domine toute la ville de Toulon, la vue y est imprenable. C'est magique de se retrouver là après avoir rêvé devant les nombreuses vidéos de cette spéciale qui traînent sur internet. Avant de prendre le départ je reste particulièrement concentré et l’euphorie n'est pas admise. Car si le Mont-Faron est si admiré c'est autant pour le panorama unique qu'il offre que pour sa dangerosité ! Le tracé est très technique, fait de virages aveugles à flanc de falaise avec un petit parapet de pierre pour seul garde-fou. En dessous c'est le vide. La seconde partie de la spéciale n'est pas moins éprouvante avec de courtes lignes droite où l'on prend facilement de la vitesse, avant d'écraser les freins pour négocier les épingles. On m'avait aussi prévenu d'une bosse dans une ligne droite où la moto décolle. Mon enclume de moto n'avait, je pensais, aucune chance de s’envoler. Je me trompais. La moto a bel et bien pris son envol (on l'entend au bruit du moteur dans la vidéo) et c'est surtout le pilote qui a sauté ! C'est bien simple je devais être 30 centimètres au dessus de ma selle, les jambes repliées et seuls les bras verrouillés au guidon... oui, comme dans les BDs Joe Bar Team. On retouche le sol en s'écriant dans le casque : « Wahou !! fantastique ! » .
D'autres n'auront pas cette chance comme Dominique, un solo de ma tente, qui perdra le contrôle de sa f800gs en reposant la roue au sol. Cela se traduira par un tout droit dans le virage suivant. Lui s'en sort sans blessures, la moto elle est détruite.
L'arrivé au pointage de fin de la spéciale on à le goût de la victoire à la bouche ! C'est pour ainsi dire fait, il ne reste plus que 15 kilomètres pour boucle ce DDMT 2013. L'autre versant du mont s'offre alors comme une récompense et la descente vers Toulon est à coupé le souffle. J'enroule tranquillement ces derniers virages en profitant du spectacle. Puis on passe la ligne d'arrivée. C'est un peu surréaliste comme moment car ça, tout au long du rallye, on ose même pas en rêver ! Nous l'avons fait, ma monture et moi, et sans mordre la poussière.

Le mot de la fin.

S'il ne doit y en avoir qu'un ce serait : inoubliable. L’aventure que je cherchais à travers ce DDMT a dépassé mon imagination. Je crois que ce récit en rend compte sans problème. Mais ce qu'il ne traduit pas forcément c'est l'aspect humain du rallye. On apprend beaucoup sur sois même, beaucoup des autres aussi évidement. L'ambiance y est fantastique et on le doit autant aux pilotes qu'à l'organisation et aux bénévoles. Pour ça la formule solo est idéale. On repart de là avec des images magnifiques dans la têtes, une autre vision de la moto et de nouveaux amis.
Alors à la question que tout le monde va me poser : « Alors prêt pour le DDMT 2014 ? » Je répondrait simplement par non, et cela pour de multiples raisons.
D'abord pour le caractère unique de ce que je viens de vivre. Alors refaire le Moto Tour un jour pourquoi pas, mais il faudrait un « motif » ou un contexte particulier pour que je retente l'aventure.
Ensuite parce que je ne suis pas un pilote et que la prise de risque est non négligeable pour un poireau comme moi ! Elle fait partie de la moto en général, mais là... non là c'est vraiment un (gros) cran au dessus.
Par contre la découverte du tout terrain sur Mercoirol est une très bonne surprise pour moi. Et il n'est pas dit qu'un jour je n'investisse pas dans une petite moto pour parcourir les chemins !

Et un petit mot sur ma moto quand même, qui se remet bien de cette épreuve et pour qui j'ai toujours autant d'affection. Et même si une certaine R Nine-T pointe le bout de son nez d'ici quelques années, le Rockster ne sera jamais vendu !

Voilà tout n'est jamais vraiment dit, et c'est tant mieux comme ça il reste pleins de choses à raconter de vive voix !


Dernière édition par Tripo le Jeu 15 Oct 2015 - 12:37, édité 2 fois
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Re: [CR] Dark Dog Moto Tour 2013

Message  JCM le Mar 13 Oct 2015 - 17:40

merci Tripo pour ce passionnant  récit Super
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Re: [CR] Dark Dog Moto Tour 2013

Message  béhème jack le Mar 13 Oct 2015 - 17:42

Je ne mettrais pas mon casse-croûte sur ta selle, pas sûr de manger!  vroom
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Re: [CR] Dark Dog Moto Tour 2013

Message  Invité le Jeu 15 Oct 2015 - 11:47

Merci à toi Super

J'ai passé un bon moment à te lire Shocked

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Re: [CR] Dark Dog Moto Tour 2013

Message  Le Gascon le Jeu 22 Oct 2015 - 9:40

Merci et Bravo !
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Re: [CR] Dark Dog Moto Tour 2013

Message  yansandan le Jeu 22 Oct 2015 - 9:46

Super  Merci Tripo !   très plaisant à relire.
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Re: [CR] Dark Dog Moto Tour 2013

Message  Invité le Jeu 22 Oct 2015 - 9:47

bravo2 et Merci pour ce beau récit.
De là à faire la même chose ...

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Re: [CR] Dark Dog Moto Tour 2013

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